Je vous parle d'un temps...

Publié le par Kiwette




Aujourd’hui est un grand jour, je m’suis souvenue de mes 17 ans.

 



Un grand moment de nostalgie…

 

Quand j’avais 17 ans, je pensais que la vie se résumait à boire des cafés en fumant des clopes tout en  trouvant une solution au problème de Machine qui kiffait sur truc-chose sans savoir comment avouer à bidule que chouette ne voulait plus sortir avec.

Et tout çà prenait un temps considérable de ma vie. L’essentiel en fait.


Accessoirement, et seulement sous une pression parentale folle, j’allais au lycée.

L’objectif principal des cours étant, quoiqu’il arrive, d’aller au bout afin d’entendre la sonnette libératrice, annonciatrice de la récréation.

La récréation était le moment le plus fort de la journée. Celui où, mes potes et moi, jouions toute notre vie. Le moment où l’on bâtissait les plans les plus machiavéliques pour échapper au prochain cours de gym, où l’on prenait connaissance des dernières frasques amoureuses de truc-machin-chose, et où l’on décidait, solennellement, avec qui on partagerait le bout de shit qu’on avait dans la poche.

A 17 ans, je fumais comme une cheminée d’usine. De tout, pourvu que çà rentre dans les poumons et que çà ressorte par la bouche.

A 17 ans, j’étais très con, et je trouvais super drôle de sortir parfois la fumée par le nez.

 

Aussi, j’affectionnais particulièrement toute forme de dégradation physique ou mentale, synonyme à l’époque de réussite sociale. Je m’appliquais donc, avec beaucoup de sérieux, à cultiver mon absentéisme scolaire, à tenir l’alcool comme un réfugié politique des pays de l’est et à réunir tout ce qui tendait à rendre un peu plus dépressif mon paternel désabusé.

 

A 17 ans je décidais de fuguer parceque-les-vieux-y-sont-cons.

Parfois, je me bagarrais. Pour des raisons que j’ignore encore, mais qui, à l’époque, étaient très probablement légitimes et nécessaires.

A 17 ans je t’insultais si tu me disais « nan, désolé, j’ai pas de clope », alors que je t’avais vu sortir ton paquet de Malbak 3 minutes plus tôt.

Je mettais, et prenais des baffes, si par malheur je commentais ta tenue de sport Adidash importée de Bolivie en ayant l’air de trouver çà « trop nuuuul, pfff ».

 

 

A 17 ans, je me doutais qu’un jour j’en aurai sans doute 30. J’envisageai toutefois la chose comme étant aussi improbable qu’un 20/20 en physique-chimie, et aussi lointaine que le Machu Picchu.

Quand je me projetai dans l’avenir, c’était pour organiser mon prochain week-end.

Au mieux, j’imaginais les vacances d’été.

 

A 17 ans je croyais que les adultes faisaient preuve d’extrême mauvaise volonté, surtout envers nous, les jeûnes.

J’étais persuadée qu’ils s’évertuaient à dissoudre crapuleusement nos plans dans le but de pourrir notre existence, à mon sens beaucoup plus torturée que la leur. Eux n’avaient pas tous nos problèmes, eux étaient exempts de soucis profonds qu’étaient les nôtres…

Se rendaient-ils seulement compte du drame qui se jouerait en fin d’après-midi, lorsque Micheline annoncerait à Gustave qu’elle le quittait à cause de ses boutons faciaux proéminents ?

Savaient-ils seulement ce que c’était de passer 2 heures à plancher sur l’histoire du régime communiste marxiste sous influence  trotskyste ?

Avaient-ils une seule idée du conflit d’intérêts qui se dessinait entre le clan des grunges et celui des hippies ?

 


A 17 ans j’avais oublié que mes parents avaient eu 17 ans….et s’en souvenaient, pour leur part, avec beaucoup de nostalgie...

Publié dans Billets d'humeur

Commenter cet article

Kiwette 28/11/2009 18:34


Roline>> Tu es toujours belle aujourd'hui....mais un peu moins inssouciante, certes ;-)

Marianne>> Purée, j'oubliais que parmi mes quelques pèlerins égarés rodait une prof de physique-chimie....matière avec laquelle je suis depuis réconciliée, puisqu'on ne me demande plus
d'apprendre des formules dont le seul énoncé suffisait à l"époque à me donner la migraine. :-)


Magui 26/11/2009 21:31


Qu'est-ce que tu as contre la physique chimie ?!

A part ça, je trouve ça très réaliste et très bien écrit... Nostalagie quand tu nous tiens...


roline 23/11/2009 15:17


ça paraît loin mes 17ans!!!!!!!!!!quoique je préférais ma période 20-25ans où j'ai fait ma crise d'ado (ben oui quoi on peut la faire + tard!!!!!!!) et où j'ai mes meilleurs souvenirs de conneries
en tout genre.......mais c'est loin ça j'étais belle et insouciante avec la vie devant moi...........