24h00 chrono

Publié le par Kiwette

Aujourd'hui est un grand jour, je vais vous raconter ma journée d'hier.

Attention, une vraie dinguerie.

Tout a commencé lorsque, à 6h30 pétantes, sortie de mon sommeil par le grondement de mon réveil.....je me suis rendormie.

Bon sang déjà, quelle aventure.

18 sonneries et un "marde, marde, maaaaaarde" plus tard, je suis sur le pied de guerre, prête à boire mon pantalon et enfiler mon thé. Car oui, à 7h04 le matin, je suis très éveillée.

Petite conversation rituelle avec le grumeau sur la consistance de son caca du matin, coup d'oeil rapide sur l'horloge, c'est déjà l'heure de partir. D'autant plus que ce matin, je suis directrice des portes à mon boulot: promotion qui consiste, une fois par semaine, à se faire insulter par ses collègues qu'on a laissé crever dehors par - 12° devant la porte du taff parce qu'on est, pour la 12ème fois de l'année, en retard.

Après m'être donc faite traitée de big biatch par l'ensemble de mes collègues frigorifiés ce matin là, je démarre ma journée de travail. Qui consiste, puisque vous me le demandez, à boire des cafés entre deux réflexions psycho-sociétales sur la déchéance de la jeunesse française.

Nan j'déconne, ça c'est le boulot des psy...

9h15 arrive, il est l'heure de se mettre au boulot.

9h45, je me mets au boulot.

Entre temps Boobs, un jeune très bavard mais surtout très facétieux, déclenche l’alerte agression au boulot (je vous avais prévenus, je vis des trucs de fou). La nana de la société de surveillance appelle, aussi sereine qu’une hippie septuagénaire originaire du Larzac pour demander ce qu’il se passe. J’ai envie de lui répondre, aussi sereinement, qu’un homme de DAESH nous menace à l’arme blanche de supprimer la machine à café du boulot mais je doute, malgré sa quiétude absolue, qu'elle comprenne mon humour à cet instant. D’autant plus que la dernière fois que j’ai fait de l’humour avec quelqu'un, j’ai échappé de peu à une plainte pour diffamation…sombre histoire de facteur, je vous raconterai un jour peut-être.

Bref, il était 9h45 et la tension était à son comble !

Pour se détendre, on a bu un café.

Une dernière gorgée, il est midi : l’heure de manger à la cantine.

Alors la cantine au boulot c’est un peu une séance d’entraînement intensif à Kho Lanta. Si tu réussis à manger ce qu’on te sert, crois-moi les yeux de serpent ou les couilles de singe c’est easy. Nous avons été au bout de l’aventure hier, dessert compris, seul Stromae, qui mangeait son fromage depuis 54 minutes a déclaré forfait.

Heureusement il restait du café, et c’était l’heure de pause.

Après avoir fait semblant de s’intéresser à la fabrication des hôtels à insectes, hobby principal d’une de mes collègues, nous avons repris tranquil…péniblement le travail.

Débordées par un groupe conséquent de deux jeunes, ma collègues et moi avons fabriqué des Arlettos lunettus et non moustachus.

Si si.

Une idée de ma collègue fan d’hôtels à insectes.

Là le lecteur atterré se demande ce qu’est un Arletto? Et bien sache, pèlerin égaré, que l’Arletto est une espèce rare et unique en son genre, qui combiné entre plusieurs critères de forme, de couleur et de pilosité permet à nos jeunes de muscler leur cerveau.

Et ouais, je fais un boulot formidable.

15h34 il est temps de ranger. La journée est presque finie, je dois passer quelques coups de fil pour m’assurer que demain, les jeunes que nous avons invités ma collègue et moi seront bien présents.

Parce que oui, demain, l’aventure continue.

Demain (aujourd’hui donc), c’est bar à shnek.

Et ouais, je fais un métier formidable. Cet après-midi je vais au bar à shnek, comprenez « café des chats », à Bastille. Pour boire et manger un café gourmand. Avec plein de minous-tout-doux à caresser à volonté autour de nous.

Et être payée pour ça.

Alors là le pèlerin égaré, jaloux comme un gars de confessions intimes, se dit que vraiment c’est dégueulasse de faire ce genre de taff et de toucher un salaire pour.

J’invite le plaignant à venir bosser avec moi, un jour où un ado psychotique lui décollera une baffe parce que sa main lui a « demandé » de le faire, un jour où après avoir répondu 38 fois à la même question d’une jeune vous pèterez un plomb quand elle vous posera la même question pour la 39ème fois, un jour où ce jeune, à qui vous avez simplement demandé de ranger son téléphone criera comme un zèbre ougandais en rut dans vos oreilles en menaçant de dénoncer vos méthodes de tortionnaires à sa môoomaaaan…

Non, on ne fait pas un métier si facile.

Pour tout le reste, il y a nespresso. :)

16h04, la deuxième journée de travail commence. Le contenu de mon frigo s’arrêtant à deux yaourts périmés, une pomme flétrie et trois tranches de jambon de dinde séchées, je décide de faire quelques emplettes à Carrouf.

16h58. La vieille devant moi à la caisse ne se souvient plus où elle a rangé sa carte de fidélité. Elle sort une carte vermeille des années 90 pensant que ça fera l’affaire mais Thérèse, caissière à Carrouf Rosny depuis 1975 lui explique, un poil agacée, que ce n’est pas la bonne carte. La petite vieille cherche la carte en racontant comment, ce matin, l’infirmière a désinfecté l’escarre qu’elle a dans le dos depuis son hospitalisation à l’occasion d’une occlusion intestinale.

Il est 17h04, et j’ai envie de vomir.

Enfin de retour à la maison, la nausée est passée. Les grumeaux s’installent tranquillement dans leur chambre et lisent chacun un livre.

J’déconne. Le premier joue à GTA et l’autre fait un brushing au chat.

Heureusement vient l’heure d’aller au lit…les paupières tombent, doucement le dieu des songes enlace les esprits assoupis, Morphée s’invite dans les couchages, et la nuit tombée révèle les rêves les plus fous, où les mariées, vêtues de leurs plus vilains habits rejoignent en kayak leur critique de maris (ça c’est cadeau, dédicace à mam Lamoumou).

00h38, marde, j’arrive pas à dormir...

J’ai bu trop de café.

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